Mai 10

Ni de droite ni de gauche la fin d’une illusion ! Adresse à celles et ceux qui espèrent encore en la Gauche !

 

Il y a un an, Emmanuel Macron devenait Président de la République Française, résultat d’une élection présidentielle rocambolesque. Entre les luttes fratricides, l’extrême droite en dynamique et des erreurs éliminatoires de certains candidats, le candidat LREM a su exploiter les failles des partis politiques traditionnels, et maintenir l’illusion du ni droite ni gauche durant l’intégralité de la campagne, aidé en ce sens par des ralliements venus de tous bords. Celui qui se vantait de donner un coup de plumeau à la vie politique en a conservé les pratiques anciennes : malgré l’entrée de quelques nouveaux visages, on se rend rapidement compte que rien n’a vraiment évolué. Si certains ont changé d’équipe et de maillot, ce sont toujours les mêmes joueurs qu’on retrouve sur le terrain.

Pour les citoyens, depuis un an le réveil est cruel. Le slogan du candidat Macron « la France doit être une chance pour tous » n’est plus qu’une lointaine chimère.

Nous avons un Président qui est dans une logique start-up nation, où les résultats économiques sont plus importants que le bon sens et la réalité de la vie quotidienne de ses concitoyens. Dans cette culture ultra libérale, le Président Macron a fait un choix clair pour le pays, celui de privilégier les riches au détriment du plus grand nombre. Les actions gouvernementales déployées depuis un an ne laissent plus de place aux doutes : mise en péril des services publics, libéralisation du marché du travail sans offrir de protections nouvelles aux salariés, réforme de la SNCF, mise en place de la sélection à l’université , ou encore allégement des impôts des plus aisés et en même temps augmentation de la CSG des retraités les plus modestes.

Décidément, ce gouvernement mène une politique injuste, fort avec les faibles et faible avec les forts.

Avec La République En Marche s’applique la Loi du plus fort.

Comment justifier de demander des efforts aux français les moins aisés quand les riches se voient offrir des cadeaux fiscaux qui se comptent en milliards ? On vulnérabilise des populations déjà en difficultés, en espérant qu’éventuellement une poignée de privilégiés renvoient l’ascenseur, c’est la théorie du ruissellement et la logique des premiers de cordées qui n’ont jamais fonctionné !

Les conséquences de cette politique vont être catastrophiques : une augmentation sans précédent des inégalités dans notre pays.

Pour nous socialistes, il y a urgence à reconstruire une alternative de gauche ambitieuse, qui prenne en compte les nouveaux défis auxquels notre société est confrontée. Il nous faut revenir à la racine de notre combat et de notre engagement : la lutte contre les inégalités afin de garantir un meilleur avenir à tous.

Qu’avons nous à dire sur les mutations qu’amène l’intelligence artificielle, sur les inégalités toujours plus grandes entre les habitants de la ruralité et ceux de la métropole, sur l’Europe dont le rêve européen se brise chaque jour davantage, sur nos institutions pour permettre plus de démocratie et d’implication citoyenne, sur les nouvelles solidarités à inventer, sur notre école, sur nos valeurs républicaines de Liberté, d’Egalité, et de Fraternité pour qu’elles se traduisent chaque jour dans nos politiques publiques ?

Les enjeux et les sujets ne manquent pas, nous devons les saisir, nous ouvrir à la société, aux chercheurs, aux acteurs associatifs, culturels, sportifs, aux syndicalistes, aux entrepreneurs pour proposer de nouvelles solutions concrètes, justes et efficaces.

Militants de gauche nous gardons l’idéal d’une société plus juste et ce combat est plus que jamais d’actualité.

La gauche est riche de sa pluralité et de sa diversité, les socialistes doivent retrouver leur rôle central : celui de créer des liens et des convergences pour permettre la victoire de nos idées et de nos valeurs au service de tous les français, et de notre pays. Si les appareils n’y sont pas toujours prêts, des citoyens attendent de nous une alternative au gouvernement actuel !

 

 

Mai 07

Ap.D Politics : Baptiste Ménard, membre du Mouvement des Jeunes Socialistes.

Ap.D Politics est un projet mené par trois rédacteurs et rédactrices d’Ap.D Connaissances, dans le but de sensibiliser la jeunesse à la politique à travers un large panel d’interviews et de rencontres de militants de différents partis et mouvements politiques, notamment des organisations de jeunesse.

Baptiste Ménard, étudiant en Master 2 de communication publique et démocratie participative est également attaché parlementaire de Martine Filleul au Sénat, Secrétaire Fédéral du PS du Nord en charge de la coordination, mais aussi président du groupe socialiste universitaire de Lille (association qui représente et porte les valeurs et idées de la famille socialiste dans les campus étudiants lillois) et membre du Mouvement des Jeunes Socialistes. Retour sur son parcours politique ainsi que sur le mouvement qu’il représente.

-Pourriez-vous nous définir le parti politique auquel vous appartenez ?

« J’appartiens au Parti Socialiste, parti politique qui a une longue histoire, qui a connu des défaites mais aussi, et fort heureusement, des victoires. C’est un parti politique qui a cette particularité, je le dis souvent, d’être le plus démocratique de France puisque de la section jusqu’à la tête nationale on élit tous nos représentants par des votes militants et des votes internes transparents. Et puis bien sûr, au-delà de ça nous avons des convictions, nous portons des valeurs de solidarité, de justice sociale, de justice territoriale, un attachement à la laïcité, des valeurs d’égalité et de fraternité, et nous avons comme objectif de faire en sorte que, lorsque nous exerçons les responsabilités, les inégalités se réduisent, et la société soit plus juste. »

–Quelles sont les valeurs que vous défendez en priorité dans ce parti politique ?

« L’égalité, parce qu’à gauche, les valeurs gouvernent tout. Si j’ai décidé d’adhérer au parti socialiste c’est parce que je trouvais insupportable, et c’était quand Nicolas Sarkozy était encore en responsabilité, cette explosion d’inégalité et cette incapacité de la société à les réduire. Alors je sais bien que quand nous disons cela ce n’est pas très sexy, ce n’est pas très nouveau monde, mais en tout cas c’est ce pourquoi moi je me suis engagé. Et donc l’égalité est le fil rouge de notre action. Si je reprends le quinquennat de François Hollande, toutes les mesures qui ont été conduites, à l’exception et il l’a reconnu de la déchéance de nationalité qui était une erreur, toutes les mesures ont été faite pour plus d’égalité comme le mariage pour tous, la réforme à l’école où nous avons donné plus de moyens en particulier dans les quartiers difficiles pour faire en sorte qu’il y ait un égal accès à l’éducation. Et puis, par exemple, si je reprends aujourd’hui l’actualité de l’université, nous avons donné plus de moyen aux universités, même si ça n’a pas été suffisant, on le voit encore aujourd’hui. C’est cela qui, guide donc notre action politique, et à chaque fois que nous mettons en place des politiques publiques, nous nous disons comment faire pour permettre plus d’égalité et plus d’égalité concrète, puisque ce mot fait très souvent sourire ; comment concrètement dans la vie quotidienne on permet cette égalité. »

-Comment s’organise le fonctionnement interne de ce parti politique ?

« Le parti socialiste est un parti très démocratique, où nous votons pour nos représentants du sol au plafond. Ce qui caractérise aussi le parti socialiste est la multiplicité de ses instances, et dans cette période de renaissance qui s’ouvre pour nous, il faudra réfléchir à simplifier nos instances, puisque nous avons par exemple des sections : dans les communes locales ce sont dans ces sections que les militants se réunissent et se rassemblent. Ensuite nous avons des comités de cantons, des comités de circonscriptions, une fédération rassemblant les sections au niveau départemental et qui met en œuvre la politique du Parti pour chaque département et à l’échelle de la fédération nous avons un conseil fédéral qui est le parlement du parti, qui réunit des camarades qui sont au titre des différentes sensibilités et aussi au titre des différents territoires et nous avons un bureau fédéral et un secrétariat fédéral qui compose la direction fédéral du Parti dans un département. »

-Quels sont les moyens utilisés dans le but de vous visibiliser au maximum, et notamment auprès des jeunes ?

« C’est un chantier qui nous attend, que nous avons essayé aussi d’engager avec le mouvement des jeunes socialistes, mais aussi avec le groupe socialiste universitaire. Nous avons plusieurs moyens d’actions, et d’abord, il nous faut investir absolument dans le numérique. Les socialistes ont souvent considéré et ont souvent eu recours à des pratiques politiques anciennes, comme par exemple le tractage, qui a son utilité, mais il nous faut nous moderniser, et donc nous allons lancer par exemple une série d’Afterwork pour aller directement à la rencontre des gens. Nous avons des café-citoyens, mais on sait bien qu’on ne touche pas toute la jeunesse. Nous avons et nous y sommes très attachés, nous réinvestissons comme dirait un député de notre Parti dans le nord, les cages d’escaliers, pour aller directement à la rencontre des jeunes. Nous allons dans les manifestations culturelles, et puis enfin nous investissons les réseaux sociaux, notamment Twitter et Facebook. Mais la meilleure façon de trouver les jeunes c’est d’abord de leur parler de leurs préoccupations, et de proposer des solutions concrètes pour résoudre des problèmes, et c’est cela sous lequel nous nous sommes engagés dans le passé mais sous lequel nous devons nous réinvestir si nous voulons regagner des positions et reconquérir, car la reconquête passera bien évidemment par la jeunesse du pays. »

-Comment êtes-vous entrés en politique ?

« Quand j’ai eu 15 ans, j’ai décidé de prendre ma carte au mouvement des jeunes socialistes, c’était pour apporter modestement ma contribution dans le débat politique, et puis, j’ai voulu rejoindre un parti qui rejoignait d’abord mes valeurs personnelles et qui incarnait aussi un idéal, et cet idéal c’est celui de l’égalité, la fraternité. Je suis donc entré en politique en entrant au mouvement des jeunes socialistes, j’ai ensuite pris ma carte au parti socialiste, et j’ai été élu part les camarades de ma section en 2012 secrétaire de section, qui est le responsable local du parti socialiste, et je me suis présenté ensuite aux élections département où j’ai perdu. »

-Votre ligne idéologique est-elle toujours restée la même ou a-t-elle connu des changements, (et a-t-elle vocation à changer) ?

« Je ne suis pas de celles et ceux qui sont allés se servir chez Emmanuel Macron, je n’ai pas été de ceux qui ont trahi leur conviction mais aussi leur parti politique pour un poste. Je considère que quand on fait de la politique c’est d’abord parce qu’on a des convictions, des valeurs et on n’en change pas parce que le contexte est défavorable. Si je vous dis aujourd’hui que je suis socialiste, c’est vrai que c’est un peu compliqué parce que nous avons perdu nos élections, nous avons sans doute déçu, mais nous n’avons pas été remplacé depuis bientôt maintenant 1 an. Emmanuel Macron gouverne, il avait dit qu’il serait et de gauche et de droite et nous nous rendons compte qu’il est de droite surtout de droite et bien à droite et il en a le droit. Mais donc dans ce pays, il y a une attente de gauche, pas une gauche de contestation, il faut une gauche de gouvernement, et c’est ce que représente le parti socialiste et nous devons demain regagner cette position-là. Pour ce qui concerne ma ligne idéologique, je n’en ai pas changé. C’est vrai que j’ai eu des compagnonnages différents, j’ai soutenu d’abord Ségolène Royale puis François Hollande, je n’ai pas été de ceux qui ont frondé pendant le quinquennat même si j’ai eu des désaccords en particulier sur la loi travail ou sur la déchéance de nationalité mais je considère qu’il a été un bon présidé et qu’il a tenu bon dans un contexte politique particulièrement difficile. »

-Pour quelles raisons avez-vous adhéré à ce parti en particulier ?

« Un moment donné de l’histoire j’ai eu envie de m’investir pour défendre mes idées et convictions, je considérais qu’il était trop facile de rester chez soi et de critiquer sans soi-même agir, j’ai rejoint ce parti parce que Ségolène Royale m’ a donné l’envie de m’investir dans ce parti, parce que c’était une courageuse, une femme d’État qui avait été en capacité à un moment donné de bouleverser le fonctionnement de la vie politique tout en gardant sa fidélité au parti socialiste, mais en redonnant la parole aux citoyens et c’est un de mes combats. Je considère qu’il faut plus de démocratie participative qu’il faut même envisager une démocratie délibérative. Aujourd’hui les citoyens ont soif de s’investir dans la vie politique et les acteurs de la vie politique doivent entendre et répondre à cette demande. J’ai rejoint le parti socialiste parce que c’est mes convictions, il y a une histoire dans laquelle je me reconnais, et dans laquelle j’ai envie de m’inscrire. »

–Quels sont les sujets qui vous semblent les plus prioritaires dans la conjoncture politique actuelle ?

« C’est toujours difficile de répondre à cette question parce qu’on a envie d’être sur tous les fronts et en même temps quand on fait de la politique, il faut avoir cette capacité à se dire que c’est telle ou telle thématique qu’il faut aujourd’hui mettre en avant. Je pense que l’un des grands défis est les mutations qu’on vit dans la société actuelle et qui, du coup, doivent changer notre conception d’un certain nombre de sujet, il y a bien évidemment la question écologique et la question démocratique. La démocratie dans ce pays est abîmée, pas seulement à cause de l’élection d’Emmanuel Macron mais aussi par un fonctionnement politique avec aujourd’hui des députés qui n’ont aucun ancrage local, qui ne connaissent pas les difficultés que les personnes rencontrent, et donc, il y a une forme de déconnexion entre ces députés de la majorité et les françaises et français. On le voit bien avec la réforme de l’université qui ne répond pas aux attentes des étudiants mais qui répond à une logique libérale, que le gouvernement partage, diffuse et qui n’est pas adéquation avec cela.

Le défi écologique également, qui a un impact dans bien des domaines : dans le monde du travail, le logement, dans la vie quotidienne des personnes.

Ces deux grandes options politiques, qui nous font prendre en compte la démocratie et l’écologie, se déclinent dans bien des domaines. »

-Pour vous, que signifie être jeune en politique ?

« Je pense qu’être jeune en politique, ça doit se caractériser par une forme de non-conformisme, c’est à dire qu’il faut avoir cette capacité à transgresser, non pas pour trahir comme l’a fait Emmanuel Macron, mais pour investir de nouveaux champs intellectuels, de nouvelles thématiques. Transgresser pour faire bouger les lignes au sein d’un parti politique. Être jeune en politique c’est avoir toutes les audaces et c’est avoir en même temps cette capacité à bousculer nos aînés, à aller bousculer sur la pratique de la vie politique et sur les thématiques qui y sont abordées. »

-Quel message pour la jeunesse ?

« Je dis à tous les jeunes de s’investir dans la vie politique, puisqu’elle n’est pas seulement la vie des partis politiques. C’est là qu’il y a le débat d’idées et que ça contribue à nourrir la réflexion commune. La vie politique c’est aussi les associations, les syndicats, les ONG, tout un tas de groupe formalisés ou non et il faut s’investir car finalement la place de la jeunesse sera celle qu’ils décideront de prendre. »

Interview réalisée le 20 avril à Lille.

 

https://apdconnaissances.com/2018/05/07/ap-d-politics-baptiste-menard-membre-du-mouvement-des-jeunes-socialistes/amp/?__twitter_impression=true

Mai 18

Tribune dans The Social Face « Redonnons la parole aux militants du Parti Socialiste »

Avec près de 11 millions de voix pour le Front National, un choix par défaut pour 58 % des électeurs du candidat élu et une abstention record (dont 34 % chez les 18-24 ans), nous sommes loin de ce que d’aucuns ont nommé une victoire « magnifique » d’Emmanuel Macron dimanche dernier.

Si nous souhaitons au nouveau président élu de prendre à coeur les intérêts de celles et ceux qui l’ont soutenu, mais aussi de celles et ceux qui ont fait leur devoir républicain en voulant éliminer le Front National, force est de constater que cette élection ne gomme pas les clivages entre les différents partis politiques qui se lancent désormais dans la bataille des législatives. Penser l’inverse relève d’une erreur d’analyse fondamentale au regard du premier tour et des différentes fractures qui traversent la société française. Le front républicain a atteint aujourd’hui sa limite maximale, et ne fonctionnera plus au prochain coup. Nous devons rendre nos politiques publiques plus performantes et efficaces, retrouver de la cohérence et redonner confiance, car ce sont les conditions de vie au quotidien des citoyens qui amènent au danger démocratique d’avoir un parti d’extrême-droite aux responsabilités. 

Dans une démocratie parlementaire, chaque parti politique présente des candidats, sur une base programmatique, et c’est la majorité élue au Parlement qui gouverne. Il est possible que des partis passent des accords entre eux, toujours sur une base programmatique, pour constituer une coalition majoritaire. En face, il existe plusieurs autres groupes parlementaires qui défendent leurs propres idées. C’est comme ça que fonctionne un débat démocratique vivant.

Cependant, nous assistons, médusés, à une valse irréaliste de candidats qui déclarent vouloir se présenter sous l’étiquette « majorité présidentielle », tout en souhaitant rester au parti socialiste. Une telle chose n’est pas envisageable pour trois raisons :

– Cela signifie que nous souscrivons à la politique d’Emmanuel Macron. Or, ses grandes orientations (supprimer l’Impôt sur la Fortune, relancer les négociations des traités de libre-échange, réduire le nombre d’agents publics de 120 000 d’ici la fin du quinquennat, laisser la liberté aux collectivités d’organiser l’école primaire et secondaire pour ne citer que ces exemples) est en contradiction, non seulement avec les idées fondamentales que nous portons, mais aussi avec notre propre bilan gouvernemental ;

– Cela signifie que nous sommes prêts à former une majorité « attrape-tout » dont nous n’avons aujourd’hui ni les contours, ni la composition. Nous savons que des tractations sont également en cours avec des candidats de droite.  quelle politique pourrons- nous sérieusement mener avec des députés qui ont combattu notre action pendant cinq ans ou davantage ? ;

– Cela signifie tout simplement notre disparition au plan national, alors que seul un groupe parlementaire fort dans ses idées et ses orientations nous permettrait de nous maintenir sur la scène politique nationale. La dilution serait une erreur qui mettra un terme définitif à notre formation politique, ce que nous ne souhaitons pas.

Le parti socialiste, malgré un score décevant à l’élection présidentielle, reste un parti politique qui représente de nombreux citoyens, qui a un bilan gouvernemental, parlementaire, et qui se doit d’agir en tant que tel. La base programmatique de la plateforme législative dévoilée ce mardi, même si elle reste perfectible, a le mérite de réaffirmer nos grandes orientations et de dresser les grandes lignes de ce qui pourrait ressembler à la constitution d’un groupe politique autonome, vigilant à l’égard du gouvernement, ne rejetant pas tout en bloc mais combattant les orientations libérales qui ne seront jamais les nôtres.

Nous avons cependant l’impression, une fois de plus, que tout est encore en train de se jouer discrètement, que des négociations sont menées au cas par cas, et qu’encore une fois, les militants que nous sommes ne sont pas écoutés, pas consultés. Il est temps de renouer avec l’exigence démocratique que nous portons dans nos programmes, y compris envers nous-mêmes.

L’urgence de la situation implique alors deux choses :

Avant les élections, il faut clarifier la situation : les candidats socialistes qui ont été investis par En Marche ou qui ont cherché à l’être doivent quitter le parti socialiste. Il en va d’un respect fondamental envers nos militants et électeurs.

Après les élections, nous, militants socialistes, proposons qu’une consultation soit lancée concernant la position de notre parti politique pour les élections législatives.

Une consultation directe des adhérents est possible dans nos statuts. Ceux-ci précisent qu’à la demande d’au moins 15 % des adhérents, le Conseil national peut décider d’organiser une consultation en leur soumettant une question rédigée simplement.

La question est simple : voulons-nous, oui ou non, que le futur groupe socialiste participe à la majorité présidentielle d’Emmanuel Macron ? Si non, voulons-nous d’un groupe parlementaire autonome, ou d’une participation à une opposition de gauche plus large ?

Le choix issu d’une telle consultation sera irréfutable. Chacun devra en tirer les conséquences.

Si chacun pense aujourd’hui que sa position est la meilleure, personne ne verra d’inconvénient à ce que les militants soient consultés. Nous n’avons aucun doute sur la lucidité des militants, qui sauront choisir la position la plus à même de préparer notre avenir et de reconstruire la gauche.

La légitimité d’un tel choix doit venir de la parole militante. Car c’est ce que nous sommes : un groupe de personnes réunies par une communauté d’idées. Il semblerait que certains l’aient dernièrement un peu trop oublié.

Signataires:
BM
Baptiste MENARD
Conseiller National Suppléant du PS et membre du Bureau Fédéral PS Nord
SK
Sarah KERRICH
Militante à Lille et membre du Conseil Fédéral du PS Nord
Mehdi CHALAH
Responsable départemental des jeunes socialistes du Nord et membre du Bureau Fédéral du PS Nord
Inès TAOURIT
Militante à Hénin Beaumont et Secrétaire Fédérale du PS Pas de Calais
Camille LOPEZ
Militant à Noyon et membre du Conseil Fédéral de l’Oise

Lien vers la tribune : http://www.thesocialface.com/tribune-redonnons-la-parole-aux-militants-du-parti-socialiste/

Mai 05

Redonner du sens, Reconstruire une espérance !

Mes chers amis,

J’ai vu certains parler de gueule de bois, d’autres faire mine d’être surpris, pourtant pour la deuxième fois en quinze ans le Front National se retrouve au second tour d’une élection présidentielle, sans que personne ne s’en émeut.

Je ressens une profonde tristesse devant ce spectacle que nous offrons au monde et ce que cela dit sur l’état du pays. Aussi si j’invite clairement les citoyens à voter pour Emmanuel Macron au second tour de cette élection pour défendre la République, néanmoins je  n’en demeure pas moins sceptique sur le projet de société que ce dernier défend.

Le résultat de ce premier tour reflète sans aucune ambigüité le rejet d’un fonctionnement de notre vie politique, qui a semblé s’éloigner des Français. Depuis vingt ans, certains citoyens attendent un changement qui peine à arriver. Alors certains d’entre eux ont été voir ce qu’il se faisait de « nouveau » à côté, recherchant un projet frais. Je suis abattu à la simple idée que le choix de ces personnes se soit tourné vers le FN. Comprenez bien que je ne jette la pierre à aucun moment à ces individus. Mon problème ici est que le programme de Marine Le Pen prône une France qui n’est et qui ne sera jamais la mienne, xénophobe  et recroquevillée sur elle même.  Parce que n’en déplaise à certains mais c’est dans la diversité que l’on progresse collectivement.

Cependant j’entends toutes ces personnes qui se sont exprimées ce 23 avril 2017. Ce sont des personnes qui souffrent au quotidien. Ce sont des personnes qui se sentent négligées. Ce sont des personnes qui se sentent menacées. Il faut entendre cette souffrance et parfois même cette colère.

Je reproche à certains candidats et à certains médias d’avoir « peopolisé » cette élection, rendant les débats certes plus divertissants, mais finalement si creux.

Je reproche à François Fillon et à Marine Le Pen d’être venus nous donner des leçons d’éthique et de patriotisme quand ces derniers incarnent plus que jamais les errements d’un fonctionnement politique passé qu’il nous faut d’ailleurs renouveler.

Et enfin j’y prends ma part, et je me reproche de ne pas en avoir assez dit que l’avenir était ailleurs.

C’est parce que, comme d’autres, j’ai été à la rencontre des citoyens que je suis intimement convaincu que les Français ne sont pas racistes et si des observateurs nous disent le contraire ils se trompent.

Les Français souffrent, les Français sont en colère mais je refuse de croire que les Français sont fondamentalement haineux. C’est cela même qui me peine. Je suis abattu d’entendre les propos xénophobes et populistes d’une candidate à la plus haute fonction de l’État qui pour sa propre ambition agite et instrumentalise les peurs des uns et des autres, qu’elle oubliera à la minute où elle aura obtenu leurs suffrages.

Alors je ne vais pas inviter qui que ce soit à la révolution car la France est une démocratie pour le meilleur et pour le pire.

J’appelle cela dit l’ensemble de la classe politique, que l’on soit du centre, de droite ou de gauche, à prendre note du message qui a été envoyé dimanche dernier dans les urnes. Si une prise de conscience collective n’est pas faite, nous courrons droit à la catastrophe.

Et à toutes ces personnes qui se sentent délaissées, je leur demande de faire preuve de courage dont je sais qu’ils sont capables et de ne pas abandonner l’idée d’un monde meilleur. Ne vous laissez pas duper par un discours qui n’est pas à la hauteur de notre pays.

Dimanche nous méritons mieux que Mme Le Pen, ses mensonges, ses idées nauséabondes et ses élucubrations.

Dimanche, nous ferons le choix de la république.

Dimanche, nous ferons le choix de la démocratie.

Dimanche, nous ferons barrage à l’extrême droite !

Dès lundi, nous reprendrons le chemin du terrain, nous démontrerons que des alternatives existent et que ces dernières  sont les bonnes.

Car à l’avenir, il ne suffira pas d’être en marche avant ou arrière d’ailleurs, nous socialistes avons le devoir de redonner du sens et de reconstruire une espérance ! 

 

Mar 27

RENCONTRE CITOYENNE LUNDI 27 MARS à 19h à PERONNE EN MELANTOIS

RC

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