Mai 18

Tribune dans The Social Face « Redonnons la parole aux militants du Parti Socialiste »

Avec près de 11 millions de voix pour le Front National, un choix par défaut pour 58 % des électeurs du candidat élu et une abstention record (dont 34 % chez les 18-24 ans), nous sommes loin de ce que d’aucuns ont nommé une victoire « magnifique » d’Emmanuel Macron dimanche dernier.

Si nous souhaitons au nouveau président élu de prendre à coeur les intérêts de celles et ceux qui l’ont soutenu, mais aussi de celles et ceux qui ont fait leur devoir républicain en voulant éliminer le Front National, force est de constater que cette élection ne gomme pas les clivages entre les différents partis politiques qui se lancent désormais dans la bataille des législatives. Penser l’inverse relève d’une erreur d’analyse fondamentale au regard du premier tour et des différentes fractures qui traversent la société française. Le front républicain a atteint aujourd’hui sa limite maximale, et ne fonctionnera plus au prochain coup. Nous devons rendre nos politiques publiques plus performantes et efficaces, retrouver de la cohérence et redonner confiance, car ce sont les conditions de vie au quotidien des citoyens qui amènent au danger démocratique d’avoir un parti d’extrême-droite aux responsabilités. 

Dans une démocratie parlementaire, chaque parti politique présente des candidats, sur une base programmatique, et c’est la majorité élue au Parlement qui gouverne. Il est possible que des partis passent des accords entre eux, toujours sur une base programmatique, pour constituer une coalition majoritaire. En face, il existe plusieurs autres groupes parlementaires qui défendent leurs propres idées. C’est comme ça que fonctionne un débat démocratique vivant.

Cependant, nous assistons, médusés, à une valse irréaliste de candidats qui déclarent vouloir se présenter sous l’étiquette « majorité présidentielle », tout en souhaitant rester au parti socialiste. Une telle chose n’est pas envisageable pour trois raisons :

– Cela signifie que nous souscrivons à la politique d’Emmanuel Macron. Or, ses grandes orientations (supprimer l’Impôt sur la Fortune, relancer les négociations des traités de libre-échange, réduire le nombre d’agents publics de 120 000 d’ici la fin du quinquennat, laisser la liberté aux collectivités d’organiser l’école primaire et secondaire pour ne citer que ces exemples) est en contradiction, non seulement avec les idées fondamentales que nous portons, mais aussi avec notre propre bilan gouvernemental ;

– Cela signifie que nous sommes prêts à former une majorité « attrape-tout » dont nous n’avons aujourd’hui ni les contours, ni la composition. Nous savons que des tractations sont également en cours avec des candidats de droite.  quelle politique pourrons- nous sérieusement mener avec des députés qui ont combattu notre action pendant cinq ans ou davantage ? ;

– Cela signifie tout simplement notre disparition au plan national, alors que seul un groupe parlementaire fort dans ses idées et ses orientations nous permettrait de nous maintenir sur la scène politique nationale. La dilution serait une erreur qui mettra un terme définitif à notre formation politique, ce que nous ne souhaitons pas.

Le parti socialiste, malgré un score décevant à l’élection présidentielle, reste un parti politique qui représente de nombreux citoyens, qui a un bilan gouvernemental, parlementaire, et qui se doit d’agir en tant que tel. La base programmatique de la plateforme législative dévoilée ce mardi, même si elle reste perfectible, a le mérite de réaffirmer nos grandes orientations et de dresser les grandes lignes de ce qui pourrait ressembler à la constitution d’un groupe politique autonome, vigilant à l’égard du gouvernement, ne rejetant pas tout en bloc mais combattant les orientations libérales qui ne seront jamais les nôtres.

Nous avons cependant l’impression, une fois de plus, que tout est encore en train de se jouer discrètement, que des négociations sont menées au cas par cas, et qu’encore une fois, les militants que nous sommes ne sont pas écoutés, pas consultés. Il est temps de renouer avec l’exigence démocratique que nous portons dans nos programmes, y compris envers nous-mêmes.

L’urgence de la situation implique alors deux choses :

Avant les élections, il faut clarifier la situation : les candidats socialistes qui ont été investis par En Marche ou qui ont cherché à l’être doivent quitter le parti socialiste. Il en va d’un respect fondamental envers nos militants et électeurs.

Après les élections, nous, militants socialistes, proposons qu’une consultation soit lancée concernant la position de notre parti politique pour les élections législatives.

Une consultation directe des adhérents est possible dans nos statuts. Ceux-ci précisent qu’à la demande d’au moins 15 % des adhérents, le Conseil national peut décider d’organiser une consultation en leur soumettant une question rédigée simplement.

La question est simple : voulons-nous, oui ou non, que le futur groupe socialiste participe à la majorité présidentielle d’Emmanuel Macron ? Si non, voulons-nous d’un groupe parlementaire autonome, ou d’une participation à une opposition de gauche plus large ?

Le choix issu d’une telle consultation sera irréfutable. Chacun devra en tirer les conséquences.

Si chacun pense aujourd’hui que sa position est la meilleure, personne ne verra d’inconvénient à ce que les militants soient consultés. Nous n’avons aucun doute sur la lucidité des militants, qui sauront choisir la position la plus à même de préparer notre avenir et de reconstruire la gauche.

La légitimité d’un tel choix doit venir de la parole militante. Car c’est ce que nous sommes : un groupe de personnes réunies par une communauté d’idées. Il semblerait que certains l’aient dernièrement un peu trop oublié.

Signataires:
BM
Baptiste MENARD
Conseiller National Suppléant du PS et membre du Bureau Fédéral PS Nord
SK
Sarah KERRICH
Militante à Lille et membre du Conseil Fédéral du PS Nord
Mehdi CHALAH
Responsable départemental des jeunes socialistes du Nord et membre du Bureau Fédéral du PS Nord
Inès TAOURIT
Militante à Hénin Beaumont et Secrétaire Fédérale du PS Pas de Calais
Camille LOPEZ
Militant à Noyon et membre du Conseil Fédéral de l’Oise

Lien vers la tribune : http://www.thesocialface.com/tribune-redonnons-la-parole-aux-militants-du-parti-socialiste/

Mai 05

Redonner du sens, Reconstruire une espérance !

Mes chers amis,

J’ai vu certains parler de gueule de bois, d’autres faire mine d’être surpris, pourtant pour la deuxième fois en quinze ans le Front National se retrouve au second tour d’une élection présidentielle, sans que personne ne s’en émeut.

Je ressens une profonde tristesse devant ce spectacle que nous offrons au monde et ce que cela dit sur l’état du pays. Aussi si j’invite clairement les citoyens à voter pour Emmanuel Macron au second tour de cette élection pour défendre la République, néanmoins je  n’en demeure pas moins sceptique sur le projet de société que ce dernier défend.

Le résultat de ce premier tour reflète sans aucune ambigüité le rejet d’un fonctionnement de notre vie politique, qui a semblé s’éloigner des Français. Depuis vingt ans, certains citoyens attendent un changement qui peine à arriver. Alors certains d’entre eux ont été voir ce qu’il se faisait de « nouveau » à côté, recherchant un projet frais. Je suis abattu à la simple idée que le choix de ces personnes se soit tourné vers le FN. Comprenez bien que je ne jette la pierre à aucun moment à ces individus. Mon problème ici est que le programme de Marine Le Pen prône une France qui n’est et qui ne sera jamais la mienne, xénophobe  et recroquevillée sur elle même.  Parce que n’en déplaise à certains mais c’est dans la diversité que l’on progresse collectivement.

Cependant j’entends toutes ces personnes qui se sont exprimées ce 23 avril 2017. Ce sont des personnes qui souffrent au quotidien. Ce sont des personnes qui se sentent négligées. Ce sont des personnes qui se sentent menacées. Il faut entendre cette souffrance et parfois même cette colère.

Je reproche à certains candidats et à certains médias d’avoir « peopolisé » cette élection, rendant les débats certes plus divertissants, mais finalement si creux.

Je reproche à François Fillon et à Marine Le Pen d’être venus nous donner des leçons d’éthique et de patriotisme quand ces derniers incarnent plus que jamais les errements d’un fonctionnement politique passé qu’il nous faut d’ailleurs renouveler.

Et enfin j’y prends ma part, et je me reproche de ne pas en avoir assez dit que l’avenir était ailleurs.

C’est parce que, comme d’autres, j’ai été à la rencontre des citoyens que je suis intimement convaincu que les Français ne sont pas racistes et si des observateurs nous disent le contraire ils se trompent.

Les Français souffrent, les Français sont en colère mais je refuse de croire que les Français sont fondamentalement haineux. C’est cela même qui me peine. Je suis abattu d’entendre les propos xénophobes et populistes d’une candidate à la plus haute fonction de l’État qui pour sa propre ambition agite et instrumentalise les peurs des uns et des autres, qu’elle oubliera à la minute où elle aura obtenu leurs suffrages.

Alors je ne vais pas inviter qui que ce soit à la révolution car la France est une démocratie pour le meilleur et pour le pire.

J’appelle cela dit l’ensemble de la classe politique, que l’on soit du centre, de droite ou de gauche, à prendre note du message qui a été envoyé dimanche dernier dans les urnes. Si une prise de conscience collective n’est pas faite, nous courrons droit à la catastrophe.

Et à toutes ces personnes qui se sentent délaissées, je leur demande de faire preuve de courage dont je sais qu’ils sont capables et de ne pas abandonner l’idée d’un monde meilleur. Ne vous laissez pas duper par un discours qui n’est pas à la hauteur de notre pays.

Dimanche nous méritons mieux que Mme Le Pen, ses mensonges, ses idées nauséabondes et ses élucubrations.

Dimanche, nous ferons le choix de la république.

Dimanche, nous ferons le choix de la démocratie.

Dimanche, nous ferons barrage à l’extrême droite !

Dès lundi, nous reprendrons le chemin du terrain, nous démontrerons que des alternatives existent et que ces dernières  sont les bonnes.

Car à l’avenir, il ne suffira pas d’être en marche avant ou arrière d’ailleurs, nous socialistes avons le devoir de redonner du sens et de reconstruire une espérance ! 

 

Mar 27

RENCONTRE CITOYENNE LUNDI 27 MARS à 19h à PERONNE EN MELANTOIS

RC

Fév 22

Conférence du Groupe Socialiste Universitaire avec le Ministre Patrick Kanner « 2012-2017 : quelles avancées pour la jeunesse ? »

Conférence avec Patrick Kanner

Fév 12

Après les primaires citoyennes … en avant !

 

Au lendemain des primaires qui ont donné lieu à un véritable débat d’idées, à une belle mobilisation, en particulier de la jeunesse, je peux l’affirmer : je suis fier d’appartenir à cette grande famille qu’est la gauche. Si sur certains points nos avis divergent il y a une chose inébranlable et rassembleuse chez nous, ce sont nos valeurs.

Benoit Hamon est désormais notre candidat , il bénéficie de la légitimité et du soutien populaire. C’est donc à lui qu’appartient la responsabilité de créer les conditions d’un large rassemblement à gauche pour battre la droite et l’extrême droite en mai prochain.

Mais ce que je retiens de ce mois de janvier , c’est que notre société a soif de changement et je retiens aussi cette aspiration au progrès social et environnemental principalement.

J’ai vu aussi, désolé, éclore un peu partout des scandales. Alors que nos compatriotes sont à la tâche, au travail, qu’ils rencontrent au quotidien des difficultés pour joindre les deux bouts, certains se permettent de tricher, non seulement avec la loi mais aussi avec la confiance des personnes qui les ont élus. Ces mêmes personnes ont par ailleurs, toute honte bue, l’indécence de nous dire à quel point le travail est important et qu’il va falloir à l’avenir faire des efforts.

Mes convictions sont toutes autres. Je pense que notre salut ne se trouve pas dans les sacrifices ou la réduction drastique des dépenses de l’État mais qu’il existe des alternatives, responsables, solidaires et pérennes. Alors on nous qualifie d’utopistes, de marchands de sable parce que nous pensons que d’autres solutions que l’austérité, l’ultra-libéralisme ou bien encore le repli sur soi sont possibles.
Nous sommes à l’aube d’une élection présidentielle aux enjeux cruciaux pour notre pays. Je déplore ce cynisme qui animent quelques candidats ou le manque d’audace de certains autres.
C’est pour moi le symptôme d’un abandon d’une partie de notre classe politique et malheureusement un aveu d’échec de leur réflexion.

Quand ces gens choisissent la division, nous prônons la fraternité.
Quand ces gens choisissent le chacun pour soi, nous prônons la solidarité.
Quand ces gens choisissent le passé, nous choisissons l’avenir.

Donc plus que des rêves, ce que propose la gauche aujourd’hui c’est un projet qui voit plus loin.

Cela fait plusieurs années que pour une partie des dirigeants, faire de la politique se réduit à poser des pansements sur des hémorragies et à espérer que le tout tienne jusqu’à la fin de leur mandat. On se retrouve aujourd’hui avec une maison qui prend l’eau, doucement mais sûrement.

Il y a urgence à la rebatir.

Il y a urgence à ouvrir la reconstruction.
Il y a urgence à partir à la reconquête, des têtes , des esprits et des coeurs.

Il y a urgence à gauche.
Il y a urgence dans le pays

Alors puisqu’il y a urgence : en avant !!!

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