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Mai 07

Ap.D Politics : Baptiste Ménard, membre du Mouvement des Jeunes Socialistes.

Ap.D Politics est un projet mené par trois rédacteurs et rédactrices d’Ap.D Connaissances, dans le but de sensibiliser la jeunesse à la politique à travers un large panel d’interviews et de rencontres de militants de différents partis et mouvements politiques, notamment des organisations de jeunesse.

Baptiste Ménard, étudiant en Master 2 de communication publique et démocratie participative est également attaché parlementaire de Martine Filleul au Sénat, Secrétaire Fédéral du PS du Nord en charge de la coordination, mais aussi président du groupe socialiste universitaire de Lille (association qui représente et porte les valeurs et idées de la famille socialiste dans les campus étudiants lillois) et membre du Mouvement des Jeunes Socialistes. Retour sur son parcours politique ainsi que sur le mouvement qu’il représente.

-Pourriez-vous nous définir le parti politique auquel vous appartenez ?

« J’appartiens au Parti Socialiste, parti politique qui a une longue histoire, qui a connu des défaites mais aussi, et fort heureusement, des victoires. C’est un parti politique qui a cette particularité, je le dis souvent, d’être le plus démocratique de France puisque de la section jusqu’à la tête nationale on élit tous nos représentants par des votes militants et des votes internes transparents. Et puis bien sûr, au-delà de ça nous avons des convictions, nous portons des valeurs de solidarité, de justice sociale, de justice territoriale, un attachement à la laïcité, des valeurs d’égalité et de fraternité, et nous avons comme objectif de faire en sorte que, lorsque nous exerçons les responsabilités, les inégalités se réduisent, et la société soit plus juste. »

–Quelles sont les valeurs que vous défendez en priorité dans ce parti politique ?

« L’égalité, parce qu’à gauche, les valeurs gouvernent tout. Si j’ai décidé d’adhérer au parti socialiste c’est parce que je trouvais insupportable, et c’était quand Nicolas Sarkozy était encore en responsabilité, cette explosion d’inégalité et cette incapacité de la société à les réduire. Alors je sais bien que quand nous disons cela ce n’est pas très sexy, ce n’est pas très nouveau monde, mais en tout cas c’est ce pourquoi moi je me suis engagé. Et donc l’égalité est le fil rouge de notre action. Si je reprends le quinquennat de François Hollande, toutes les mesures qui ont été conduites, à l’exception et il l’a reconnu de la déchéance de nationalité qui était une erreur, toutes les mesures ont été faite pour plus d’égalité comme le mariage pour tous, la réforme à l’école où nous avons donné plus de moyens en particulier dans les quartiers difficiles pour faire en sorte qu’il y ait un égal accès à l’éducation. Et puis, par exemple, si je reprends aujourd’hui l’actualité de l’université, nous avons donné plus de moyen aux universités, même si ça n’a pas été suffisant, on le voit encore aujourd’hui. C’est cela qui, guide donc notre action politique, et à chaque fois que nous mettons en place des politiques publiques, nous nous disons comment faire pour permettre plus d’égalité et plus d’égalité concrète, puisque ce mot fait très souvent sourire ; comment concrètement dans la vie quotidienne on permet cette égalité. »

-Comment s’organise le fonctionnement interne de ce parti politique ?

« Le parti socialiste est un parti très démocratique, où nous votons pour nos représentants du sol au plafond. Ce qui caractérise aussi le parti socialiste est la multiplicité de ses instances, et dans cette période de renaissance qui s’ouvre pour nous, il faudra réfléchir à simplifier nos instances, puisque nous avons par exemple des sections : dans les communes locales ce sont dans ces sections que les militants se réunissent et se rassemblent. Ensuite nous avons des comités de cantons, des comités de circonscriptions, une fédération rassemblant les sections au niveau départemental et qui met en œuvre la politique du Parti pour chaque département et à l’échelle de la fédération nous avons un conseil fédéral qui est le parlement du parti, qui réunit des camarades qui sont au titre des différentes sensibilités et aussi au titre des différents territoires et nous avons un bureau fédéral et un secrétariat fédéral qui compose la direction fédéral du Parti dans un département. »

-Quels sont les moyens utilisés dans le but de vous visibiliser au maximum, et notamment auprès des jeunes ?

« C’est un chantier qui nous attend, que nous avons essayé aussi d’engager avec le mouvement des jeunes socialistes, mais aussi avec le groupe socialiste universitaire. Nous avons plusieurs moyens d’actions, et d’abord, il nous faut investir absolument dans le numérique. Les socialistes ont souvent considéré et ont souvent eu recours à des pratiques politiques anciennes, comme par exemple le tractage, qui a son utilité, mais il nous faut nous moderniser, et donc nous allons lancer par exemple une série d’Afterwork pour aller directement à la rencontre des gens. Nous avons des café-citoyens, mais on sait bien qu’on ne touche pas toute la jeunesse. Nous avons et nous y sommes très attachés, nous réinvestissons comme dirait un député de notre Parti dans le nord, les cages d’escaliers, pour aller directement à la rencontre des jeunes. Nous allons dans les manifestations culturelles, et puis enfin nous investissons les réseaux sociaux, notamment Twitter et Facebook. Mais la meilleure façon de trouver les jeunes c’est d’abord de leur parler de leurs préoccupations, et de proposer des solutions concrètes pour résoudre des problèmes, et c’est cela sous lequel nous nous sommes engagés dans le passé mais sous lequel nous devons nous réinvestir si nous voulons regagner des positions et reconquérir, car la reconquête passera bien évidemment par la jeunesse du pays. »

-Comment êtes-vous entrés en politique ?

« Quand j’ai eu 15 ans, j’ai décidé de prendre ma carte au mouvement des jeunes socialistes, c’était pour apporter modestement ma contribution dans le débat politique, et puis, j’ai voulu rejoindre un parti qui rejoignait d’abord mes valeurs personnelles et qui incarnait aussi un idéal, et cet idéal c’est celui de l’égalité, la fraternité. Je suis donc entré en politique en entrant au mouvement des jeunes socialistes, j’ai ensuite pris ma carte au parti socialiste, et j’ai été élu part les camarades de ma section en 2012 secrétaire de section, qui est le responsable local du parti socialiste, et je me suis présenté ensuite aux élections département où j’ai perdu. »

-Votre ligne idéologique est-elle toujours restée la même ou a-t-elle connu des changements, (et a-t-elle vocation à changer) ?

« Je ne suis pas de celles et ceux qui sont allés se servir chez Emmanuel Macron, je n’ai pas été de ceux qui ont trahi leur conviction mais aussi leur parti politique pour un poste. Je considère que quand on fait de la politique c’est d’abord parce qu’on a des convictions, des valeurs et on n’en change pas parce que le contexte est défavorable. Si je vous dis aujourd’hui que je suis socialiste, c’est vrai que c’est un peu compliqué parce que nous avons perdu nos élections, nous avons sans doute déçu, mais nous n’avons pas été remplacé depuis bientôt maintenant 1 an. Emmanuel Macron gouverne, il avait dit qu’il serait et de gauche et de droite et nous nous rendons compte qu’il est de droite surtout de droite et bien à droite et il en a le droit. Mais donc dans ce pays, il y a une attente de gauche, pas une gauche de contestation, il faut une gauche de gouvernement, et c’est ce que représente le parti socialiste et nous devons demain regagner cette position-là. Pour ce qui concerne ma ligne idéologique, je n’en ai pas changé. C’est vrai que j’ai eu des compagnonnages différents, j’ai soutenu d’abord Ségolène Royale puis François Hollande, je n’ai pas été de ceux qui ont frondé pendant le quinquennat même si j’ai eu des désaccords en particulier sur la loi travail ou sur la déchéance de nationalité mais je considère qu’il a été un bon présidé et qu’il a tenu bon dans un contexte politique particulièrement difficile. »

-Pour quelles raisons avez-vous adhéré à ce parti en particulier ?

« Un moment donné de l’histoire j’ai eu envie de m’investir pour défendre mes idées et convictions, je considérais qu’il était trop facile de rester chez soi et de critiquer sans soi-même agir, j’ai rejoint ce parti parce que Ségolène Royale m’ a donné l’envie de m’investir dans ce parti, parce que c’était une courageuse, une femme d’État qui avait été en capacité à un moment donné de bouleverser le fonctionnement de la vie politique tout en gardant sa fidélité au parti socialiste, mais en redonnant la parole aux citoyens et c’est un de mes combats. Je considère qu’il faut plus de démocratie participative qu’il faut même envisager une démocratie délibérative. Aujourd’hui les citoyens ont soif de s’investir dans la vie politique et les acteurs de la vie politique doivent entendre et répondre à cette demande. J’ai rejoint le parti socialiste parce que c’est mes convictions, il y a une histoire dans laquelle je me reconnais, et dans laquelle j’ai envie de m’inscrire. »

–Quels sont les sujets qui vous semblent les plus prioritaires dans la conjoncture politique actuelle ?

« C’est toujours difficile de répondre à cette question parce qu’on a envie d’être sur tous les fronts et en même temps quand on fait de la politique, il faut avoir cette capacité à se dire que c’est telle ou telle thématique qu’il faut aujourd’hui mettre en avant. Je pense que l’un des grands défis est les mutations qu’on vit dans la société actuelle et qui, du coup, doivent changer notre conception d’un certain nombre de sujet, il y a bien évidemment la question écologique et la question démocratique. La démocratie dans ce pays est abîmée, pas seulement à cause de l’élection d’Emmanuel Macron mais aussi par un fonctionnement politique avec aujourd’hui des députés qui n’ont aucun ancrage local, qui ne connaissent pas les difficultés que les personnes rencontrent, et donc, il y a une forme de déconnexion entre ces députés de la majorité et les françaises et français. On le voit bien avec la réforme de l’université qui ne répond pas aux attentes des étudiants mais qui répond à une logique libérale, que le gouvernement partage, diffuse et qui n’est pas adéquation avec cela.

Le défi écologique également, qui a un impact dans bien des domaines : dans le monde du travail, le logement, dans la vie quotidienne des personnes.

Ces deux grandes options politiques, qui nous font prendre en compte la démocratie et l’écologie, se déclinent dans bien des domaines. »

-Pour vous, que signifie être jeune en politique ?

« Je pense qu’être jeune en politique, ça doit se caractériser par une forme de non-conformisme, c’est à dire qu’il faut avoir cette capacité à transgresser, non pas pour trahir comme l’a fait Emmanuel Macron, mais pour investir de nouveaux champs intellectuels, de nouvelles thématiques. Transgresser pour faire bouger les lignes au sein d’un parti politique. Être jeune en politique c’est avoir toutes les audaces et c’est avoir en même temps cette capacité à bousculer nos aînés, à aller bousculer sur la pratique de la vie politique et sur les thématiques qui y sont abordées. »

-Quel message pour la jeunesse ?

« Je dis à tous les jeunes de s’investir dans la vie politique, puisqu’elle n’est pas seulement la vie des partis politiques. C’est là qu’il y a le débat d’idées et que ça contribue à nourrir la réflexion commune. La vie politique c’est aussi les associations, les syndicats, les ONG, tout un tas de groupe formalisés ou non et il faut s’investir car finalement la place de la jeunesse sera celle qu’ils décideront de prendre. »

Interview réalisée le 20 avril à Lille.

 

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