BAPTISTE MÉNARD

Billet d'humeur - Nous avons besoin d’apaiser le pays.

Nous avons besoin d’apaiser le pays.

Depuis plusieurs semaines, des lycéens se mobilisent partout en France. Ce qu’ils demandent n’a rien d’extravagant : des bâtiments qui ne tombent pas en ruine, des profs devant chaque classe, des classes moins chargées, des emplois du temps qui ne les épuisent pas et la fin d’un Parcoursup opaque qui trie les jeunes au lieu de les orienter.

Aujourd’hui, ils sont rejoints par des étudiants, des parents d’élèves et des salariés qui n’en peuvent plus de la vie chère. Face à cela, le gouvernement répond par l’austérité et des annonces de communication.

Quand la jeunesse réclame un investissement massif de 10 milliards d’euros dans l’éducation, elle revendique une chose simple : qu’on arrête de sacrifier son avenir.

Mais ce qui s’est passé à Lille et dans d’autres grandes villes de France est un cadeau fait à ce gouvernement. Chaque abribus brûlé, chaque mairie attaquée, c’est une excuse de plus pour parler d’ordre public et ne plus jamais parler des lycées insalubres ou des profs non remplacés.

Les casseurs ne servent pas la cause des lycéens : ils l’enterrent définitivement. Je condamne toutes les actions violentes qui ont été perpétrées ce jour et depuis le début de la mobilisation, d’où qu’elles viennent.

Puis, je le dis sans détour à toutes celles et ceux qui préfèrent regarder ailleurs : rien ne se réglera tant que des solutions ne seront pas trouvées. Retrouver l’apaisement et le dialogue, voilà l’urgence. Nous ne pouvons plus détourner le regard de ce qui se passe dans notre pays. La colère est immense. Elle doit être entendue, et non étouffée ou ignorée.

Et je le dis au gouvernement : n’utilisez pas ces débordements pour discréditer des milliers de jeunes pacifiques et ainsi fuir vos responsabilités.

Il nous faut retrouver le chemin de l’apaisement.