Il est peut-être temps de cesser de faire de LFI l’alpha et l’oméga de nos réflexions sur l’avenir. Les ambiguïtés et les propos emberlificotés d’Olivier Faure dans l’entre-deux-tours des municipales ont été sanctionnés par nos électeurs avant même de l’être par nos militants. Quand les socialistes se soumettent, ils sont, en plus, battus.
Il faut quand même répéter que ce ne sont pas seulement les outrances verbales de Jean-Luc Mélenchon qui nous amènent à rompre avec lui et son mouvement. Qu’il ne faille pas renoncer à nous adresser aux électeurs de la France Insoumise, c’est une évidence. La gauche, le Parti socialiste, ont évidemment vocation à s’adresser à tous les Français.
Il y a certainement, dans les rangs de LFI, des militants pour qui nous avons de la sympathie et avec qui nous avons parfois partagé des combats. Mais, en politique aussi, qui ne dit mot consent. Les candidats LFI dans nos villes n’ont pas condamné les propos de leur chef de meute. Ils en sont donc coresponsables. On les voit, au contraire, tenter, avec plus ou moins de talent, de singer leur maître.
Du reste, il ne s’agit pas de dérapages. Jean-Luc Mélenchon maîtrise parfaitement son expression. Au fond, qu’il soit ou non antisémite importe peu. En utilisant les codes de l’antisémitisme, il agit en antisémite.
En instrumentalisant les populations des quartiers populaires, en faisant appel à de soi-disant populations racisées, il assigne ces citoyens à leurs supposées appartenances ethniques ou religieuses.
Du reste, je partage, ô combien, l’opinion de mon ami politologue Rémi Lefebvre sur les ambiguïtés du terme même de racisé. Et c’est bien cela, bien plus que la radicalité des positions politiques, qui nous oppose frontalement à LFI. C’est en effet au nom de l’universalisme de la République que nous menons ce combat aux côtés de camarades d’ores et déjà mobilisés.
Qu’on ne s’y trompe pas, ces outrances, ces provocations, correspondent à un projet politique qui passe par l’éradication du socialisme démocratique. Au-delà même de l’élimination de notre parti, ce sont bien nos valeurs qui sont attaquées frontalement.
Et c’est au nom des mêmes valeurs, constitutives de la gauche républicaine, que nous condamnons aussi, sans la moindre ambiguïté, les propos racistes indignes à l’encontre du nouveau maire de Saint-Denis.
Je sais que la politique peut changer la vie de nos concitoyens lorsqu’elle est exercée avec conviction et intégrité. C’est le sens de mon engagement
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